Paysages Urbains Historiques, Acte architectural : une question de projet

Ref.: 159
Key theme: 02 Functional integrity of historic urban landscapes
Date of reception: 02/11/2008

AUTHORS (*Main author)

MICHAUT, Charlotte * (France) - Universite de Technologie de Compiègne
CAZY, Louise (France) - Université de Technologie de Compiègne
CECHETTI, Rémi (France) - Université de Technologie de Compiègne
CHARLES, Aurélie (France) - Université de Technologie de Compiègne
DAUSSY, Alice (France) - Université de Technologie de Compiègne
DELMAS, Marie (France) - Université de Technologie de Compiègne
DUBEDAT, Elodie (France) - Université de Technologie de Compiègne
EDWARDS, Richard (France) - Université de Technologie de Compiègne
LANNAY, Camille (France) - Université de Technologie de Compiègne
LE BOURHIS, Julia (France) - Université de Technologie de Compiègne
PETIT, Clara (France) - Université de Technologie de Compiègne
SCIEZ, Sarah (France) - Université de Technologie de Compiègne
SPAAK, Dorian (France) - Université de Technologie de Compiègne
THIEBAUT, François (France) - Université de Technologie de Compiègne
VERRIER, Emmanuel (France) - Université de Technologie de Compiègne

ABSTRACT

Qu'est-ce qu'un « paysage urbain historique » ? Un lieu, un monument, un jardin, une place, une rue, un bourg, une ville...témoin privilégié de l'histoire, d'une histoire, de notre histoire...

Le Monument est un élément essentiel du paysage urbain historique. Le terme « Monument » vient de monere, avertir, rappeler. A l'origine expression d'un besoin de mémoire, il fait traditionnellement l'objet d'une approche communautaire, permettant de faire sens en énonçant au présent une partie du passé.

Mais si le Monument n'a pas d'âge et ne peut être contesté, le « Monument historique » est, quant à lui, le fruit de la réflexion occidentale du XIXe siècle. « Jardin historique », « Site historique »...tous ces termes appliqués aux paysages urbains historiques tendent aujourd'hui à devenir des labels universels et standardisés, utilisés à des fins lucratives et personnelles tout en revêtant un caractère arbitraire car « élu », représentatif d'une valeur historique, esthétique ou temporelle.

Ce détournement de la vocation initiale conduit à l'affaiblissement de la notion de Monument. Devenu produit, il perd de son intérêt et de sa force. Il est donc primordial qu'il conserve son sens profond, et il faut pour cela s'efforcer de le faire vivre dans le temps présent sans toutefois lui faire perdre son identité.

Actuellement, le Monument pensé pour durer voit son rapport au temps évoluer. Les intentions ne sont plus les mêmes et un passage s'opère du Monument « figé » au Monument « vivant », se développant au gré de ses destinations successives. C'est notamment la désacralisation des lieux de culte et la liberté prise vis-à-vis de la compatibilité des usages qui ont légitimé de nouvelles démarches et de nombreuses interventions depuis une trentaine d'années.

Dans ce contexte, la question de l'usage redevient centrale et incontournable : l'usage crée le besoin duquel émergent le questionnement et le projet. Plus particulièrement, c'est du rapport entre usage initial et nouvel usage que naîtra l'acte architectural sur le monument, et donc sur le paysage urbain historique... Les modalités peuvent être diverses mais la seule justification doit être le processus, la réflexion.

Donner à vivre, préserver, afficher, retrouver, adapter, expérimenter... sont autant de possibilités qui s'illustrent dans les paysages urbains historiques. Lorsqu'un Monument est rendu disponible, la tentation est grande de vouloir remplir les vides trop vite, sans penser au sens : on oublie alors d'interroger le possible dialogue entre l'usage et le Monument. Cette phase, pourtant primordiale, permet de définir le projet duquel découlera l'intervention architecturale et dont l'expression sera visible ou non.

Il semble évident que le projet de réusage ne peut pas se limiter à la seule considération de l'espace du lieu et à sa future structuration. Le Monument, en tant que partie intégrante d'une rue, d'un quartier ou d'une ville, se fait acteur du développement urbain.

Cependant, le décalage entre les notions de temporalité et de durabilité fait s'affronter la stabilité du bâti et son usage aléatoire. L'intervention contemporaine dans le paysage urbain historique se doit alors aussi d'interroger cette dualité afin d'en faire jaillir le consensus entre l'acte, le monument qui le supporte et l'usage qui l'a créé.
A travers de nombreux exemples d'interventions en Europe, il apparaît de façon univoque qu'il n'y a pas de réponse définitive à la question « Comment, au service d'un nouvel usage, faire acte d'architecture dans les paysages urbain historiques aujourd'hui ? ».

Seule la logique de projet et les questions auxquelles elle renvoie ont un sens. Elles permettent de donner à chaque monument l'intervention qui lui est le mieux adaptée, à travers l'adéquation avec l'usage, mais aussi en rapport avec la mémoire ou encore d'autres enjeux, volonté politique, touristique ou économique.
On pourra finalement retenir que ce n'est pas l'acte architectural qui fait le projet, mais qu'il se pose en tant que moyen de ce projet.

REFERENCES

· Camillo Boito, Conserver ou restaurer, Les Editions de l'Imprimeur, 2000
· Françoise Choay , L'Allégorie du patrimoine, Seuil, 1999
· Aloïs Riegl, Le culte moderne des monuments, Seuil, Paris, 1984
· John Ruskin, The seven lamps of architecture, Wiley & Halsted, New York,1857
· William Shakespeare, Much ado about nothing, Andrew Wife and William Apfley, London,1600,
· Victor Hugo, Notre Dame de Paris, Charpentier, Paris,1850.
· Eugène Viollet le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture du XIe au XVIe siècle, édition Nobele, 1967.
· Richard Edwards Mémoire et Projet, cours UTC ­ GSU, 2007

· Utiliser les Monuments Historiques, Monuments Historiques n°6,1978
· Création et Tradition, Monuments Historiques n°154, 1987,

· L'architecte Maudit : Claude- Nicolas Ledoux, Pierre Kast, documentaire Video, 1954

· Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, dite charte de Venise, Icomos, 1965.
www.icomos.org/docs.venise.html
· Charte internationale relative à la sauvegarde des jardins historiques, dite charte de Florence, Icomos, 1982.
www.icomos.org/charte-de-florence.html
· Charte d'Athènes
http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-
· Convention sur la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, UNESCO, 1972
http://whc.unesco.org/fr/conventiontexte/